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La roue de la fortune
Revue de presse - Jeune Afrique Economie N°236 du 19 mars 2001
Filiale du groupe SOGAFRIC, la Société gabonaise industrielle (SOGI) aura finalement relevé son défi, lancé en 1997, celui de fabriquer des autobus au Gabon. Un prototype de bus urbain construit dans ses ateliers, dans la zone industrielle d'Oloumi, au sud de la capitale, a été présenté en septembre 2000 et devrait être commercialisé cette année. Sans abandonner ses principaux métiers (chaudronnerie, équipement de poids lourds, tôlerie fine, charpenterie, serrurerie métallique, mécanique générale et injection Diesel), la SOGI investit dans ce nouveau créneau, avec de réelles ambitions. Elle compte notamment séduire, dans un premier temps, une clientèle gabonaise composée principalement des services de transports urbains et scolaires dans les villes importantes ainsi que les grandes sociétés, désireuses d'acquérir des moyens de déplacement pour leurs employés.

Les responsables de la SOGI envisagent d'élargir ensuite leur clientèle en allant à la conquête d'autres pays de la sous-région. Pour ce faire, ils ont déjà pris des contacts en Angola. " Maintenant, nous sommes prêts à répondre à tous les marchés ", affirme le directeur général, François Marie, qui indique, par ailleurs, que la société dispose de l'expertise, des hommes et des équipements à même de lui permettre, dès à présent, de construire des bus de différents gabarits, au rythme de six par mois.
La réalisation du premier modèle s'est faite à partir d'une plate-forme motorisée du constructeur de poids lourds japonais Isuzu. Elle a nécessité trois mois et demi de travail pour obtenir un véhicule qui, selon le directeur général, est " tout à fait adapté au marché local ", dans la mesure où il offre des garanties en matière de confort, d'adaptabilité et de sécurité.
De par sa configuration modulable, le bus made in Gabon sorti des ateliers de la SOGI peut avoir une capacité de 113 à 126 places mais offre la possibilité de disposer de 43 ou 51 places assises seulement, pour permettre un plus grand nombre de passagers debout.
Compétitifs sur le plan de la qualité, ces autobus devraient l'être aussi au niveau du prix, notamment par rapport au même type de véhicules importés, en raison d'un coût de la main-d'œuvre sans commune mesure avec celui des pays occidentaux.

SOGI n'exclut nullement de satisfaire, à la demande, ses clients qui seraient davantage intéressés par des plates-formes d'autres constructeurs et, pour soutenir ses ambitions, elle a investi dans la rénovation de ses installations de 12 000 m² d'Oloumi, où travaillent actuellement 200 personnes. Cet effectif pourrait être porté à plus de 300 travailleurs au moment du lancement de la fabrication en série, c'est-à-dire dès les premières commandes. Cette expérience menée par la SOGI rappelle celle tentée depuis quelques années par la Carrosserie industrielle de Côte d'Ivoire, spécialisée dans la construction d'autocars, d'autobus et de minibus, qui emploie environ 300 personnes et dispose d'une capacité de production de 50 unités par mois.
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